En juillet, le gouvernement stoppait les crédits dédiés aux programmes -contrat de ville- des associations. Après la montée au créneau de Marc Vuillemot et d'une centaine de maires, le gouvernement fait marche arrière et pérennise les financements. « Je suis satisfait déclare Marc Vuillemot - que les habitants des sites bénéficiant d'un « contrat de ville », du Var comme de tout le pays, se voient garantir une pérennité de financements en ce domaine ». Il est bon de rappeler qu'en plein cœur de l'été Marc Vuillemot en tant que maire et président de l'association des maires Ville et Banlieue faisait une mise au point alarmante : « Si l'on ne fait rien, ce sont cinq millions d'habitants du pays qui vont subir de plein fouet le désengagement de l'État le plus inédit qu'on n'ait jamais connu depuis quarante ans que la puissance publique a décidé de s'attaquer à la question des quartiers populaires fragiles ».

>> Monsieur le maire, que retenez-vous de la mobilisation des maires ?
Marc Vuillemot : Même si les maires des communes varoises « en politique de la ville » n'ont pas cru devoir répondre à ma proposition de s'associer à la démarche que j'ai initiée le 3 août dernier, avec une cinquantaine de maires de France, rejoints depuis par une quarantaine d'autres, pour appeler le gouvernement à revenir à la raison — ce qu'il vient de faire ! — en faisant machine arrière quant à sa décision de juillet d'annuler les crédits dédiés aux associations qui conduisent dans les quartiers populaires prioritaires des actions indispensables d'accompagnement des populations en difficulté, je suis satisfait que les habitants des sites bénéficiant d'un « contrat de ville », du Var comme de tout le pays, se voient garantir une pérennité de financements en ce domaine. Ouf !

>> Peut-on parler d'engagement de l’État à destination des publics fragilisés ?
Marc Vuillemot : C'est une réelle satisfaction car l'État ne pouvait renier son engagement contractualisé avec les territoires, ainsi que nous l'avions pour l'agglomération Toulon Provence Méditerranée, en signant avec notre préfet pour la période 2015-2020.

Ça l'est pour les publics seynois les plus humbles, de notre centre ancien et de Berthe, pour lesquels je concevais les pires inquiétudes, mais aussi pour ceux des zones d'habitat populaire de Brignoles, Draguignan, Fréjus, Hyères, La Garde, Le Luc, Le Muy, et Toulon. Et bien sûr pour tous les autres de Provence Alpes Côte d'Azur et de France.

Merci, pour leur engagement à mes côtés, à mes collègues de toutes sensibilités politiques, des départements provençaux et alpins, qui m'ont rejoint dans cette « bagarre » estivale : Gaby Charroux de Martigues (13), Patricia Fernandez-Pedinielli de Port-de- Bouc (13), Nicole Granet-Brunello de Digne-les-Bains (04), Cécile Helle d'Avignon (84), Eric Le Disses de Marignane (13), Nora Mebarek de l'agglomération d'Arles (13), André Molino de Septèmes-les-Vallons (13), Roger Pellenc de Pertuis (84), et Frédéric Vigouroux de Miramas (13).
Enfin, je retiens la déclaration du ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard : « La réussite des quartiers prioritaires et de leurs habitants est une priorité absolue du Gouvernement qui s'incarne par la sanctuarisation des crédits dédiés aux contrats de ville et aux programmes de réussite éducative en 2018. Elle s'incarne par le doublement des crédits accordés au programme de renouvellement urbain, que l’État accompagnera à hauteur d'un milliard d'euros ».

>> Un appel à ceux qui n'ont pas signé la lettre ouverte au Chef de l’État ?
Marc Vuillemot : Nous pouvons avoir la satisfaction partagée d'avoir défendu une cause juste, en espérant que les élus des autres communes « en politique de la ville » de PACA (04, 05, 06, 13, 83, 84), qui ne se sont pas joints à notre démarche, nous rejoindront si, d'aventure, une autre semblable mésaventure budgétaire devait survenir à nouveau pour nos « morceaux de communes » défavorisés.

L'histoire tragique de la maternité publique de l'Ouest Var, en 2011, nous le rappelle chaque jour, on n'est pas victorieux à chaque fois. Mais il est de notre devoir d'élus de la République de défendre nos territoires. On ne peut espérer gagner que les combats qu'on engage.

- Communiqué de presse de l'association des maires Ville et Banlieue de France - 
Président Marc Vuillemot

Lettre ouverte au Président de la République
7 septembre 2017

Le 3 août dernier, 50 maires de villes abritant des quartiers populaires adressaient une lettre ouverte au Président de la République demandant le maintien des crédits des « contrats de ville » inscrits au budget 2017 de l’État.

Ils découvraient en effet avec stupeur, fin juillet, qu’un décret imposait l’annulation de 46,5 millions d’euros de ces crédits dédiés à la « politique de la ville », alors même que l’État avait validé le financement des actions correspondantes au bénéfice des 5 millions d’habitants des sites prioritaires, qui étaient de fait en péril en cours de mise en œuvre.

Depuis, la liste des signataires s’est allongée pour atteindre plus de 80 élus d’exécutifs de communes et d’intercommunalités, de toutes sensibilités, de 31 départements et 11 régions.

Monsieur Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, vient d’annoncer que les crédits concernés seront « sanctuarisés » pour l’année 2018, au niveau du budget initial de 2017.

C’est une bonne nouvelle, attestant que le ministre a été à l’écoute des élus locaux et de leurs groupements, notamment « l’Association des maires Ville & Banlieue de France » qui a été à l’initiative de la mobilisation.  Et tous les territoires concernés peuvent ainsi se satisfaire de l’implication utile des maires et présidents d’intercommunalités qui s’y sont investis.

Il reste cependant à l’État à remédier aux difficultés rencontrées pour l’année en cours par les associations des quartiers prioritaires du fait de la situation créée par l’annulation des crédits. Nous engageons vivement le ministre à obtenir du ministère de l’Action et des comptes publics qu’il rétablisse les moyens dédiés pour 2017.

Et « l’Association des maires Ville & Banlieue de France » confirme sa volonté de poursuivre sa mission d’interpellation de la puissance publique, dans une démarche constructive de partage d’analyses, d’enjeux et de réponses, qui doit notamment trouver sa concrétisation dans le cadre de la « Conférence nationale des territoires » (CNT) au sein de laquelle elle a toute sa place.

http://www.ville-et-banlieue.org