Le budget 2018 de la Ville voté le 10 avril est fait de rigueur et de gestion maîtrisée, d'investissements pour soutenir le développement de la commune, notamment le centre-ville... Et sans hausse des impôts.

Pour comprendre comment s'articule ce budget, de quoi il fait, quelles sont les contraintes et quelles sont les orientations futures, quatre réunions publiques sont prévues en présence du maire pour une explication de texte. 


1ère réunion le samedi 5 mai 2018 à La Maison Saint-Georges

 

 Et ensuite, les 19 mai, 9 et 16 juin 2018 

 

En seconde partie de cet article, nous vous proposons une interview de Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer sur les grandes orientations budgétaires de la commune.



  Comment peut-on résumer les grands enjeux du budget 2018 ?


Marc Vuillemot : Nous ne lâchons rien : – pas de hausse des impôts, – un redressement des finances, – des dépenses bien ciblées pour soutenir le développement de la commune, qui est en bonne voie…

 

  Le budget de La Seyne est-il plus difficile à boucler que celui d’autres villes ?


Marc Vuillemot : C’est une évidence, et cela ne doit pas nous faire honte ou nous paralyser, mais nous inciter à nous battre. Et cela devrait pousser les pouvoirs publics à plus de solidarité. Il faut parler vrai : depuis de longues années, La Seyne fait partie de ces villes françaises confrontées à la pauvreté d’une bonne partie de leur population, et à une situation financière rendue difficile à la fois par la crise et par les baisses continues des dotations de l’Etat…


  Malgré cela, la ville fait son chemin et vous gardez votre optimisme…


Marc Vuillemot : Un optimisme raisonné, oui. Les citoyens, les associations, les acteurs économiques et commerciaux, les agents du service public : tout le monde retrousse les manches, se donne du mal. Il faut soutenir ces efforts. Si l’État continue à ignorer ces réalités, ici comme ailleurs, je le dis : la République court à la catastrophe.


  La Loi de finances 2018 exige que certaines villes, dont le budget dépasse 60 millions d’euros, signent un contrat avec l’État. Ce contrat les obligerait à limiter l’augmentation de leur budget à 1,2 %. Faut-il signer ?

Marc Vuillemot : Ce sera “non”, si l’État reste aveugle à la réalité de notre situation. Malgré notre bonne gestion, maintes fois reconnue par les services de l’État eux-mêmes, cela pourrait nous pénaliser de 386 000 € ! C’est rajouter de la difficulté à la difficulté !


  C’est une injustice ?

Marc Vuillemot : C’est injuste et anticonstitutionnel ! Cette limitation concerne 322 communes en France (sur 36 000). Dans le Var, La Seyne, Fréjus, Hyères et Toulon ont cette obligation. C’est donc une inégalité évidente de traitement ! On demande à une ville comme la nôtre, qui accueille des populations en difficulté, de faire un effort supplémentaire et on ne demande rien à telle ou telle commune voisine, au prétexte que son budget n’atteint pas le seuil fixé à 60 M€ !

 

  Pourtant depuis des années déjà, La Seyne a considérablement réduit ses dépenses…

Marc Vuillemot : Hors personnel, ces dépenses ont été ramenées à leur niveau de 2002 ! Nous avons fait chuter de 30 millions d’euros la dette de la Ville ; son délai de remboursement est passé de 96 ans, avant 2009, à 18 ans aujourd’hui.

 

  Même les dépenses de personnel, qui sont une part importante du budget, ont été réduites…

Marc Vuillemot : Oui, nous y avons été contraints. D’ailleurs, nos effectifs ont baissé, notamment par le non remplacement des départs à la retraite. Mais lorsque au niveau national, l’indice du salaire des fonctionnaires est augmenté (ce qui est une bonne chose), cela fait augmenter le budget communal ! L’augmentation d’une année sur l’autre, malgré les efforts (on l’a limitée à 1,4 % cette année, contre 4,5 % en 2014), vient aussi de l’évolution au fil de la carrière professionnelle : expérience acquise, formation continue, ancienneté… Tout cela est normal et juste !


  Malgré toutes les contraintes, la Ville fait un effort d’investissement…

Marc Vuillemot : Oui, nous sommes passés de 12,5 M€ l’an dernier à 17 M€ cette année. Nous faisons avancer la ville, avec par exemple : – la première phase de la création du cimetière de Camp Laurent (0,9 M€), la part communale des travaux pour l’Atelier mécanique/cinéma (0,6 M€), le nouvel Espace jeunesse et sports et la salle Tisot (3,5 M€), – le centre-ville, le projet de valorisation des terrasses du port, -le gymnase Baquet, etc. (2,3 M€), – la voirie hors centre-ville (3,1 M€), – Les bâtiments communaux : écoles, culture, sport (1,1 M€) – des entretiens/aménagements sur le parc Braudel, La Navale, La promenade Charcot, les plages à Mar Vivo, aux Sablettes (1,3 M€) – Les espaces publics au Nord, co-financés par le Plan de rénovation urbaine (PRU) de Berthe (1,7 M€).


  Vous allez rencontrer les Seynois…

Marc Vuillemot : Comme je l’ai régulièrement fait depuis 2008, je vais consacrer les prochaines semaines à des réunions publiques (voir encadré ci-contre) dans les quartiers pour expliquer nos choix, réfléchir ensemble aux difficultés et aux solutions.


  Au sein de la Métropole, quel est l’avenir de La Seyne ?

Marc Vuillemot : La Seyne est une chance et un espoir pour la Métropole. L’un de ses pôles de développement essentiels. Notre ville avance, en harmonie avec ses voisines. Les Seynois se mobilisent, par exemple, pour que le cinéma soit enfin réalisé. Bravo à eux ! Ils ont bien raison de garder espoir… Avec mes collègues élus, je me tiens à leurs côtés, pour faire valoir nos choix au sein du pôle de développement métropolitain. C’est tout le sens d’un budget résolument offensif, en dépit des contraintes.

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