Au premier coup d’oeil, la complicité est évidente. Entre Daniel et son fils, Martin, on sent un profond respect. Il faut dire que chacun dans sa voie a de quoi rendre l’autre fier .
Honneur au père. Daniel Dahon. 70 ans. Ex-professeur au sein du ministère des Sports. Conseiller Technique Départemental (CTD) de handball jusqu’à la fin des années 60, il a ensuite été recruté par la Fédération française de Voile pour exercer, là encore, le métier de CTD en 1972. Toulonnais de naissance, mais Seynois de coeur, il est également licencié au Yacht Club des Sablettes. « Le seul club que j’ai connu durant toute ma carrière », précise t-il. Médaillé à de multiples reprises en tant que champion de France de Yole Ok (ex-Laser), il mène des actions comme conseiller technique dans tout le département jusqu’en 1987, où sa carrière va prendre un nouveau virage.
A 46 ans, on lui propose de devenir entraîneur national de voile olympique. L’objectif est clair : décrocher une médaille aux jeux de Barcelone. Il n’y parviendra que 17 ans plus tard à Athènes avec ses brillants élèves, Xavier Rohart et Philippe Presti. Le plus beau souvenir de sa carrière.
Médaille olympique
« Il y a eu aussi quatre titres de champion du monde, dit-il du bout des lèvres. Notamment celui en “Star” qui est la catégorie reine de la voile. Mais une médaille olympique, même si elle n’était qu’en bronze, a plus de valeur ». Un moment unique qu’il a eu le loisir de partager avec son fils, Martin. Il a 15 ans à l’époque. Lui aussi est de la fête. Et s’en souvient comme si c’était hier. « J’ai toujours pu le suivre. Que ce soit en Australie, en Floride, en Martinique, au Canada, j’ai voyagé dans le monde entier grâce à lui. A Athènes, c’était fort. J’ai découvert les Jeux olympiques de l’intérieur. Un privilège ». Pourtant, la voile n’était pas vraiment son truc. S’il adore la mer et surtout le surf qu’il pratique à la moindre occasion, Martin préfère le handball. Un jeu que son père lui fait découvrir à l’âge de six ans et qu’Eric Lefèvre va lui donner envie de pratiquer. A Six-Fours tout d’abord. Puis à La Seyne dès l’âge de 11 ans. Dix ans plus tard,
le voici désormais membre à part entière de l’équipe fanion qui évolue en Nationale 1. Avec ses 1m86 et ses 92 kg, il réalise de solides prestations au poste de pivot. A tel point qu’il est en train de devenir une pièce essentielle du dispositif du coach Nicolas Pyreire, sous la houlette des nouveaux présidents, Laerte Palangié et Massimo Birrini. « J’ai fourni de gros efforts pour en arriver là. Cet été, j’ai perdu 12 kilos. J’en ai beaucoup discuté avec mon père. Il m’a aidé et soutenu moralement. Sans oublier ma mère. Elle aussi me suit attentivement ». Pour Daniel, voir son fils à ce niveau le remplit de fierté. « Je ne rate jamais un match à domicile. Maintenant que je suis à la retraite, j’ai du temps libre », rigole t-il. « Son soutien est important, embraye Martin. On refait souvent le match. Il ne me donne pas de conseils techniques.
Mais il est précieux dans l’approche mentale avant un match important ou dans l’attitude à adopter ». « Quelle que soit la discipline, il y a des paramètres communs, explique le père. J’essaye de le faire profiter de mon expérience ». Pour l’heure, cela marche plutôt bien. Mais on peut être certain d’une chose : dans la famille Dahon, le sport aura toujours une place à part. « Je crois que c’est inscrit dans mes gènes », conclut Martin.
Sébastien Nicolas
Cet article est extrait du magazine Le Seynois de Janvier 2012
Twitter
Myspace
Facebook