Histoire de La Seyne-sur-Mer
Lundi, 16 Novembre 2009 14:19
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La Seyne se détache de Six-Fours en 1657

min_Arrive-et-dparA l'origine, La Seyne ou plus précisément La Sagno, était un quartier de Six-Fours, localisé où se dresse depuis 1603 l'église Notre Dame de Bon Voyage. C'est au fil de son développement axé sur l'agriculture et la pêche que le quartier tend à s'émanciper.
Le 2 juillet 1657, par décision royale, La Seyne se détache de Six-Fours. Elle devient « ville indépendante » par lettres patentes du roi Louis XIV.
43 ans plus tard, le Conseil de la communauté choisit un blason inspiré des Évangiles. Y figurent un écu, cinq pains et deux poissons. L'écu est timbré d'une couronne surmontée d'une croix. Les pains font référence aux textes bibliques et au miracle de la multiplication des pains. Les poissons rappellent que les habitants sont une communauté de pêcheurs. 2 rameaux de sagne (roseau prospérant dans Min_lettres-patentesles mariages littoraux) soutiennent l'ensemble. Les couleurs du blason sont empruntées aux couvre-chefs des consuls de la ville : bleu et rouge, histoire de se démarquer des couleurs de Six-Fours, rouge et noir.
Avec la République, la couronne disparaît. 3 tours la remplacent. Les roseaux sont troqués pour 2 rameaux, l'un de laurier et l'autre de chêne. En 2006, nouvel ajout : la Croix de guerre avec Etoile de vermeil. Cette décoration a été remise à la Ville le 11 novembre 1948. Elle rend hommage aux victimes et héros de la Seconde Guerre Mondiale.

La Seyne, un port et des chantiers

min_Le-Pont-transborL'activité du premier chantier naval seynois est attestée dès 1711. Charpentiers, calfats, cordiers, voiliers, gréeurs, tonneliers participent activement aux constructions de bateaux de pêche et de commerce. Pour autant, dès 1652,
le port gagne en importance par la construction d'un môle.
La vocation stratégique du littoral seynois, qui verrouille la rade de Toulon, s'illustre parallèlement par la construction de forts. La Tour de Balaguier est érigée dès 1634 sur ordre de Richelieu. Vauban la renforce dès 1679 de remparts et de poudrières. Une batterie haute permet de faire feu dans les gréements de la marine à voile. Le fort de l'Eguillette est par ailleurs construit en 1680, avant que Napoléon Bonaparte n'ordonne la construction du fort éponyme en 1812 pour compléter le dispositif.
L'aventure industrielle des chantiers navals débute au XIXème siècle par l'ouverture des premiers chantiers mécaniques (1835) et l'arrivée précoce du chemin de fer (1859). A cette époque, La Seyne s'apprête à devenir simultanément l'une des capitales mondiales de la construction navale et une destination touristique réputée.
Nous sommes donc en 1835, à l’aube des premiers chantiers de construction navales métalliques. Tôles, plaques de blindage et profilés arrivent à La Seyne depuis le Creusot ou la Lorraine ; une route longue et épuisante pour les hommes et les chevaux. Avant, avec les constructions en bois, il suffisait d’aller dans la forêt de Janas pour y prendre chênes, liège et pins maritimes. Mais le progrès a placé la construction métallique à la première place.
En 1859, un évènement va changer le cours des choses : l’arrivée du chemin de fer. Les matériaux arrivent alors en gare de La Seyne et sont transportés jusqu’aux chantiers, devenus depuis 1856, la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée. La ville résonne des attelages de fardiers avançant avec peine sur les pavés du port. Bêtes et hommes, suent sang et eau pour transporter l’acier et le bronze dans un bruit étourdissant de ferraille et de claquements de fouets.
30 ans durant, la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée donnera de la construction navale une image florissante. Plus de 2 000 hommes travaillent sur le site. 10 quais permettent de construire les plus grands navires militaires et paquebots de l'époque. En 1966, la Société est placée en liquidation. Elle cède la place aux Constructions navales et industrielles de la Méditerranée. Elles étendent leurs activités et emploient quelque 5 000 personnes dans les années 70. Choc pétrolier, reconversion industrielle, concurrence internationale auront raison des Chantiers. Le 28 février 1989, les chantiers ferment définitivement. La ville subit le contrecoup de cette catastrophe aux conséquences humaines et économiques dramatiques.

La Seyne et Michel Pacha

min_pont-en-construcUn visionnaire, Marius Michel, revient de Turquie. Il y a fait fortune. Nommé Pacha par le Sultan (1879), il va donner à La Seyne son orientation touristique en acquérant 60 hectares de terrain le long du littoral de Tamaris. De cette étendue encore vierge, Michel Pacha fait une étape obligée pour la haute société avec des casinos, des hôtels de luxe et de magnifiques villas qu'il destine à la location. La Première Guerre Mondiale entraîne toutefois le déclin de Tamaris.
Mais, dans le même temps, les chantiers navals ont acquis une notoriété internationale et sont les premiers employeurs de la commune. Ravagée par les bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale, la Ville se reconstruit. La prospérité revient à nouveau grâce aux chantiers. A cette époque, Fernand Pouillon édifie un hameau aux Sablettes, remarquable exemple de l'architecture des années 1950 qui deviendra un moteur de l'industrie touristique seynoise.
La crise économique des années 70-80 entraîne, avec douleur, la fermeture des chantiers navals.

La Seyne, 2ème ville du Var

min_vue-arienne-de-La Seyne s'étend sur 22,17 km². Elle compte 61000 hab. avec une densité de 2 560 habitants au km². La ville fait partie de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée. C'est la deuxième ville du département en termes d'habitants. Elle est desservie par l'autoroute Estérel Côte d'Azur A50 reliant Toulon à Marseille. Elle dispose d'une gare SNCF, mettant La Seyne à quelques minutes de Toulon par TER, à 40 minutes de Marseille et à 2 heures environ de Nice.
Les aéroports les plus proches sont ceux de Toulon/Hyères et du Castellet. Enfin, le port accueille plusieurs navires de croisières tout au long de l'année.
Le 11 janvier 2008, la ville obtient le label de ville balnéaire. Désormais, son orientation est tournée vers la mer.

La ville est découpée en 4 secteurs géographiques. Le centre-ville, de loin le quartier le moins peuplé, avec environ 7 000 habitants. L'Ouest, en compte presque 9 000. L' Est, tout autant. Le Nord rassemble 17 000 personnes. Enfin, le Sud, le plus peuplé avec environ 19 000 habitants (données 1999).

Sur le plan économique, la zone industrielle de Brégaillon (à l'Est de la ville), abrite un port marchand ainsi qu'un pôle mer. Camp-Laurent, Les Playes Jean Monnet, l'espace Joseph Grimaud et le pôle commercial Léry sont des zones rassemblant des activités artisanales, industrielles ou tertiaires, certaines spécialisées voire hautement spécialisées.

Le centre-ville bénéficie d'un programme spécifique visant à rénover les logements anciens dans le cadre de l'OPAH-RU. Par ailleurs, le classement à l'Inventaire des Monuments Historiques de certaines infrastructures imposent une réglementation spécifique (façades, devantures, etc.).

Enfin, le Plan Local d'Urbanisme, aujourd'hui en pleine refonte, vise à freiner le nombre de constructions nouvelles et limiter ainsi les effets négatifs du bétonnage à outrance.

Les maires de La Seyne

Le premier à diriger la ville, élu par le Conseil de la communauté en 1789, fut Joseph Estienne. En mars 2008, Marc Vuillemot remporte les élections. Entre les deux, ils ont été une cinquantaine à se succéder à la tête de la ville. Pour certains, leurs noms ont pignon sur rue : Berny, Fabre, Pétin, Merle, etc.

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