Menu ciblé dans un conteneur spécifique

À la médiathèque Pierre-Caminade, la mémoire vivante du château de La Motte-les-Bains

Le 13 décembre, la médiathèque Pierre-Caminade a accueilli une conférence très suivie consacrée au château de La Motte-les-Bains. Acquis par la Ville en 1963, il a marqué plusieurs générations de Seynois en accueillant pendant des années des colonies de vacances, devenant un véritable repère collectif. La rencontre était portée par Christophe Meuret, historien et archéologue, venu partager le fruit de dix années de recherches sur ce site emblématique situé à une trentaine de kilomètres de Grenoble, mais profondément ancré dans l’histoire seynoise.

Un livre pour raviver la mémoire d’un lieu emblématique

Au cœur de cette rencontre, le livre de Christophe Meuret sert de fil conducteur. « La Motte-les-Bains, La Motte-Saint Martin » s’attache au château de La Motte-les-Bains, aujourd’hui fragilisé par le temps, l’oubli et certaines dégradations. Pour l’historien, le lien avec ce lieu remonte à 1976, année de son premier séjour en colonie. Une expérience fondatrice qui a marqué durablement son parcours. Né et ayant grandi à La Seyne-sur-Mer, où son père occupait le poste de directeur du département nucléaire des CNIM, Christophe Meuret a développé très tôt un attachement profond au patrimoine thermal de La Motte-les-Bains. Et comme il l’explique, c’est en se plongeant dans les archives que l’ampleur du travail à mener lui est apparue : « Lorsque j’ai commencé à chercher,  je me suis rendu compte qu’il existait énormément de documents, de traces, d’éléments… mais qu’aucun travail de synthèse n’avait jamais été rédigé. Tout restait à faire. »

Un site livré aux intrusions et au temps

« Aujourd’hui, le château est ouvert aux quatre vents. Il est devenu le terrain de jeu des chasseurs de fantômes et des amateurs d’urbex », constate Christophe Meuret. Une situation qui suscite inquiétude et indignation. Les témoignages font état d’un délabrement avancé, d’accès non sécurisés et de dégradations répétées sur un site pourtant chargé d’histoire. Face à ce constat, un collectif citoyen, baptisé Sauvons La Motte-les-Bains, s’est constitué afin d’alerter les pouvoirs publics. Une pétition en ligne, accessible sur le site leslignesbougent.org, a déjà recueilli plus de 2 000 signatures, traduisant une mobilisation bien réelle. L’historien rappelle qu’il y a une vingtaine d’années, le château a été acquis par un particulier, sans que l’entretien du site ne soit assuré depuis. Une demande d’arrêté de mise en péril a également été formulée auprès de la mairie, une procédure qui aurait contraint le propriétaire à engager des travaux, mais cette démarche est restée sans suite, laissant aujourd’hui le château toujours plus exposé aux intrusions et aux dégradations.

Les colonies, une mémoire collective encore vive chez les Seynois

Malgré ce constat préoccupant, le château de La Motte-les-Bains conserve ses lettres de noblesse dans la mémoire des petits Seynois. Ils furent des centaines, dès 1963, à quitter la ville en car pour rejoindre l’Isère. Beaucoup venaient de familles fragilisées par les deuils de l’après-guerre ou par des difficultés économiques. Sous l’impulsion du maire Toussaint Merle, la municipalité fait alors le choix assumé d’offrir des séjours à sa jeunesse, mais aussi à ses aînés disposant de revenus modestes, accueillis à l’hôtel Beauséjour.

Marie-Claude Paganelli-Argiolas, adjointe à la lecture publique et au patrimoine, évoque cette période à travers un souvenir personnel : « Ma mère, qui était élue, gérait bénévolement l’hôtel. Mais c’était une autre époque. Très tôt le matin, il arrivait que des femmes descendent proposer leur aide en cuisine ou pour le ménage. Elles tenaient absolument à participer, elles avaient du mal avec l’idée d’être servies. »
Un témoignage que Christophe Meuret complète : « Pour certains, c’était la première fois qu’ils entraient dans un restaurant. Ils ne savaient pas comment se comporter, ils étaient gênés qu’on leur apporte les plats. »

Du côté des anciens colons, les souvenirs restent marqués par une joie simple, faite de gestes et de rituels partagés. « Quand on croisait les personnes âgées de l’hôtel, on était heureux de les voir. On applaudissait, on chantait », raconte l’un d’eux. Autant de moments collectifs qui, aujourd’hui encore, continuent de donner chair à l’histoire du château, bien au-delà de ses murs.

 

Partage
Notre site utilise des cookies pour réaliser des statistiques de visites, partager des contenus sur les réseaux sociaux et améliorer votre expérience. En refusant les cookies, certains services seront amenés à ne pas fonctionner correctement. Nous conservons votre choix pendant 30 jours. Vous pouvez changer d'avis en cliquant sur le bouton 'Cookies' en bas à gauche de chaque page de notre site.
🇬🇧