Pour rappel, l’extrémité d’un balcon situé au rez-de-chaussée d’un bâtiment de la résidence s’était désolidarisée de la dalle avant de s’effondrer. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident avait provoqué une vive inquiétude parmi les résidents. Dans les heures qui ont suivi, 49 balcons ont été étayés par précaution dans l’ensemble de la résidence.
Face aux habitants réunis au pied des immeubles, Mathieu Perchoc a tenu à rappeler que la situation était prise « très au sérieux », tout en appelant à attendre les résultats des expertises avant de tirer des conclusions définitives.
« Oui, c’est impressionnant visuellement et l’inquiétude des habitants est parfaitement légitime. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas dire s’il s’agit d’un cas isolé ou d’un problème plus global. Les diagnostics vont justement permettre d’avoir des réponses précises », a expliqué l’adjoint au logement.
Il a également insisté sur le fait que l’étayage généralisé des balcons ne signifiait pas automatiquement qu’ils présentaient tous un danger immédiat.
« Le choix de tout étayer a été fait dans un principe de prévention maximale. Cela ne veut pas dire que tous les balcons soient dangereux ».
« La solution la plus responsable »
De son côté, Julien Amoruso est revenu en détail sur la réaction de THM après l’incident.
« Les équipes ont été prévenues et présentes dans l’heure sur le site », a-t-il expliqué devant les habitants, rappelant au passage son expérience professionnelle : « Cela fait trente ans que je travaille dans les structures, je sais de quoi je parle. »
Le responsable de la GUP a détaillé les deux possibilités qui existaient après l’effondrement.
« Dans ce genre de situation, soit on interdit immédiatement l’accès à tous les balcons et on récupère les poignées des fenêtres, soit on sécurise par étayage. La première solution aurait été moins coûteuse, mais humainement compliquée, surtout à l’approche de l’été et avec les fortes chaleurs. Nous avons choisi la solution la plus responsable. »
Julien Amoruso a également expliqué la différence technique entre les balcons du rez-de-chaussée et ceux des étages. Au rez-de-chaussée, les balcons reposent sur un système dit « en porte-à-faux » : l’extrémité des dalles supporte directement les charges sans appui inférieur, ce qui concentre davantage les contraintes mécaniques sur certaines parties de la structure. Avec le temps, les infiltrations d’eau et l’oxydation des armatures métalliques peuvent fragiliser le béton. Dans les étages, la configuration est différente : les balcons sont soutenus par des équerres fixées au mur porteur, permettant une meilleure répartition des charges et limitant les contraintes exercées sur les dalles. Selon lui, cela réduit les risques de fragilité structurelle, même si des vérifications seront réalisées par précaution.
Des études pendant un mois
Une campagne d’études approfondies doit désormais débuter la semaine prochaine pour une durée d’environ un mois. Des sondages seront réalisés sur les structures afin d’analyser l’état des bétons et des armatures métalliques.
« Début juillet, nous aurons une vision claire de la situation », a assuré Julien Amoruso.
Le responsable de THM a également rappelé que l’Épi d’Or faisait partie de l’ancien ensemble du Messidor, construit selon des procédés similaires à plusieurs autres résidences du secteur. Par mesure de vigilance, environ 30 % des balcons de ces autres bâtiments feront eux aussi l’objet d’études.
« Merci de venir nous parler »
Au fil de la réunion, plusieurs habitants ont pris la parole pour évoquer leurs inquiétudes, notamment concernant certaines fissures visibles sur les façades.
Julien Amoruso a tenu à relativiser certains phénomènes observés : « Nous sommes en bord de mer. Il existe ici un phénomène de poussée des fers lié à l’humidité et au sel. Un éclat sur une façade ne signifie pas que l’immeuble bouge ou présente un danger structurel. »
Plusieurs résidents ont surtout insisté sur un point : ne pas être laissés sans informations dans les semaines à venir. Beaucoup ont salué la présence sur place des représentants de THM et de la municipalité.
Mathieu Perchoc leur a répondu directement : « Nous sommes là pour ça. La Ville a changé de direction avec la nouvelle municipalité et nous voulons améliorer le cadre de vie des habitants. Nous serons présents pour suivre ce dossier et accompagner les résidents. »





