Benoît de Souza à la Maison Pouillon

Lundi 1er août, la Maison Pouillon entièrement restaurée accueillait sa première exposition. Les œuvres du sculpteur Benoît de Souza sont à découvrir jusqu’au 25 septembre prochain dans ce nouveau centre d’art, patrimoine de l’architecte Fernand Pouillon.

“J’ai voulu faire le bonheur des hommes”, écrivait Fernand Pouillon (1912-1986) dans Mémoires d’un architecte (Seuil, 1968). L’homme, né au début du siècle dernier, a été l’un des grands noms de la reconstruction de l’après-guerre en France. Pionnier dans son domaine, il a laissé son empreinte sur des terres lointaines, comme en Algérie ou en Iran. Dans les années 50, il est choisi pour reconstruire le village des Sablettes, rasé pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un nouveau centre d’art aux abords de la plage. 

La semaine passée, au coeur même du Parc Braudel, “La Maison Pouillon”, une petite bâtisse de 70m2 qui servait à l’époque de station de relevage des eaux des Sablettes et qui s’est transformée avec le temps en remise pour les jardiniers de TPM, est devenue un nouveau centre d’Art. Nathalie Bicais explique : “Nous avons décidé que ce petit temple appartenant au patrimoine historique de la commune devait accueillir un nouveau lieu de la culture et des expositions car l’art est un supplément d’âme. C’est essentiel. Nous sommes certains que cette maison va devenir avec le temps une visite culturelle incontournable. Et pour inaugurer ce bel endroit, qui de mieux que Benoît de Souza, un véritable magicien de la matière ?”

Un magicien de la matière, un conteur des mythes anciens : 

Entrer dans la Maison Pouillon, c’est abandonner le rationnel et faire s’arrêter le temps. Les œuvres magistrales de Benoît de Souza font revivre les mythes anciens. Ils interrogent aussi. Si le public reconnaît au premier regard le minotaure et autres personnages de la mythologie grecque, tout un pan du travail de Benoît de Souza se rapproche de la culture africaine. “Je m’inspire aussi bien de la mythologie grecque que de la mythologie Vaudou qui ne doit pas se confondre avec la sorcellerie. Puisque je viens du Benin, j’ai grandi entouré de ces divinités encore honorées aujourd’hui. Elles m’ont beaucoup inspiré. Je me sens proche d’elles lorsque je crée, mais une fois mon travail terminé, je l’offre au regard du spectateur. C’est lui qui doit décider comment il s’approprie cette œuvre.” 

Une exposition riche en anecdotes. 

Dans son exposition qu’il intitule une “Pérégrination artistique”, l’artiste met en avant deux sculptures qui soulèvent toujours de nombreuses questions. “La première représente une sirène. Elle est la seule divinité au Bénin qui soit blanche, aux yeux bleu et blonde. Lorsque les premiers colons sont arrivés sur les côtes avec leurs grands navires, la figure de proue était toujours une sirène. Elle naquit dans les esprits en ce temps-là et est devenue “Mami Wata”. Sur les plages du Bénin, vous ne trouverez aucun locaux dans l’eau. Les gens ne savent pas nager là-bas car se baigner dans la maison sacrée de la divinité serait une offense majeure envers cette dernière. C’est l’assurance d’être maudit. La seconde présente le visage d’une femme aux dents acérées. Au Bénin, les amazones ont bel et bien existé et elles s’occupaient de la sécurité des rois. Ces dernières se limaient les dents pour pouvoir arracher la gorge des hommes.”

*On notait également la présence de Dominique Baviera, adjoint à la culture, Christelle Lachaud, adjointe au patrimoine et Marie-Claude Paganelli-Argiolas, adjointe au tourisme.
L’exposition est à découvrir jusqu’au 25 septembre prochain du mercredi au samedi de 10h à 12h  et de 15h à 19h, ainsi que les dimanches de 10h à 12h. Maison Pouillon. Parc Braudel (à côté du bassin Libellule).
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