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Cent bougies pour Marie-Thérèse Valls

A l’occasion de ses cent ans, Marie-Thérèse Valls a reçu le 15 août dernier à l’EHPAD Saint-Honorat la médaille du centième anniversaire des mains de Valérie Guittienne, adjointe déléguée à l’accueil du public.

Valérie Guittienne, adjointe à l’accueil du public, et Marie Thérèse Valls, récipiendaire de la médaille du centième anniversaire.

Marie-Thérèse Valls, née le 15 août 1925 à Bordeaux, a été élevée par sa grand-mère jusqu’à l’âge de 9 ans. En 1936, alors qu’elle se trouvait en Espagne, la guerre civile a bouleversé sa vie : le 16 juillet, elle a été brutalement séparée de sa mère. Tandis que sa mère se trouvait à Bilbao, elle fut envoyée à Logroño, dans un couvent tenu par des bonnes sœurs. Elle y est restée un an en pensionnat. Elle se souvient que, durant cette période, circuler en Espagne était extrêmement difficile.

Sa mère a fini par venir la chercher, et elles sont allées vivre chez une sœur de sa grand-mère à Bilbao, avant de rejoindre l’oncle Michel à Tarbes. Cette séparation, vécue à l’âge de 11 ans, l’a profondément marquée, notamment son premier anniversaire passé sans sa mère. Elle garde un souvenir douloureux des religieuses, qui étaient très dures à la moindre désobéissance.

L’oncle Michel, qu’elle adorait, habitait à la campagne, à 30 kilomètres de Tarbes. Les jeudis et dimanches, elle devait garder les vaches, quand elle n’allait pas à l’école. Le samedi matin, à seulement 10 ans, elle a commencé à apprendre la couture auprès d’une institutrice de maternelle dans un petit village de 500 habitants.

Son oncle était l’un des meilleurs ouvriers de l’usine de chocolat Tobler. Malheureusement, il n’a jamais pu se perfectionner, car il ne savait ni bien lire ni bien écrire, marqué par l’enseignement très sévère de son époque.

Sa mère est décédée prématurément à l’âge de 36 ans, emportée par une méningite. Marie-Thérèse n’avait alors que 16 ans.

À 19 ans, elle épouse un homme qu’ils avaient caché chez eux pour échapper au travail obligatoire (le STO) imposé par les Allemands. Ensemble, ils ont eu deux enfants : une fille, alors qu’elle avait 21 ans, puis un garçon à l’âge de 23 ans.

Elle a exercé divers métiers tout au long de sa vie. Elle a d’abord réalisé des travaux de broderie pour les familles bourgeoises – nappes, mouchoirs, serviettes – un savoir-faire qu’elle tenait de son apprentissage au couvent. En 1953, suivant les conseils d’une médium, elle se lance sur les marchés pour vendre des articles venus de Paris dans le département des Yvelines (78).

Son mari, carrossier sur autocars, avait trouvé un emploi mieux rémunéré en Seine-et-Oise, doublant leur revenu par rapport à celui qu’il avait à Dreux (250 francs par mois à l’époque).

Marie-Thérèse a travaillé durant 30 ans sur les marchés. Aujourd’hui, avec le recul, elle affirme avoir toujours été heureuse de ce qu’elle faisait. Sa fille et ses petites-filles tiennent une grande place dans sa vie. C’est une femme naturellement optimiste, joyeuse et heureuse de vivre. Et vivre encore ne la gêne pas du tout.

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