Que ce soit sous l’oeil de 17 artistes de la région(*) ou expliquées par des scientifiques(**) ; pour tout savoir sur les gorgones, sur le mythe de la Méduse ou tout simplement se plonger dans la poésie et la beauté qu’offrent ces coraux flamboyants, il faut se rendre au fort Balaguier. L’occasion aussi d’une découverte de leur vulnérabilité face au réchauffement climatique. Bref, une exposition sublime, passionnante et pédagogique à voir jusqu’au 19 septembre 2026.

Pour Marie-Claude Paganelli-Argiolas, adjointe au patrimoine et aux archives, « ce qui est intéressant dans cette formidable exposition qui met à l’honneur des artistes dont dix viennent des Beaux-Arts de Toulon-Chalucet, c’est qu’elle mêle la mythologie et la science. La professeure d’histoire que je suis voit le caractère mythologique, mais la première adjointe déléguée à l’environnement, Christine Sinquin, a essentiellement vu le sujet du coralligène ».
Le coralligène : cet écosystème sous-marin méditerranéen caractérisé par l’abondance d’algues calcaires, dites algues coralligènes, capables, en association avec d’autres espèces animales à squelette calcaire, de construire de vastes constructions biogéniques comparables aux massifs coralliens. Les autres espèces animales associées sont diverses espèces d’éponges, de gorgones (gorgone jaune, gorgone pourpre) ou de coraux (corail rouge).
Incendies sous-marins
L’exposition rappelle que cet écosystème caractérisé par la pétrification (processus de transformation de la matière organique en une matière minérale au dessus de 25°C) est un bon curseur d’indication du réchauffement de la Méditerranée. « Les scientifiques déplorent ce qu’ils nomment les incendies sous-marins qui laissent derrière eux des forêts de gorgones pétrifiées [NDLR : dans le sens premier du terme]. Ces dernières, explique Julien Gomez-Estienne, responsable du musée Balaguier, sont obligées de migrer plus profondément pour trouver plus de fraîcheur, mais hélas, ce processus prend du temps. »
C’est justement le responsable du musée qui a pensé à connecter l’univers scientifique et le caractère mythologique des gorgones. « Un travail avec les scolaires sera réalisé tout au long de l’année avec des visites guidées et commentées organisées pour les écoles seynoises”, explique Marie-Claude Paganelli Argiolas.
“Les sublimes photos très colorées, qui font bien le lien entre le mythe et la réalité, ont toutes été réalisées entre Porquerolles et le cap Sicié”, ajoute l’adjointe qui donne rendez-vous à tous les Seynois ce samedi 8 novembre à 11h pour l’inauguration de l’exposition “Regarder les gorgones”.








