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Ils racontent Berthe d’hier et d’aujourd’hui

Dans le cadre du Contrat de ville métropolitain, l’association Passerelles de Mémoire tenait sa première réunion au Centre social et culturel Mandela en présence d’une vingtaine d’anciens du quartier Berthe. Objectif : valoriser via un film documentaire la mémoire vivante du quartier et sa transmission. Un appel à témoignages est lancé.

Roger Cornu

« Je suis né en 1946 au Gai-Versant, dans la maison de mes parents. Mon père travaillait aux chantiers, ma mère au foyer, raconte avec passion Roger Cornu. On était à la campagne, au milieu des champs d’artichauts, de choux-fleurs et des troupeaux de moutons. Notre zone de jeux allait du Pays bleu (NDLR : surnom donné par un poète au quartier de l’hippodrome) au ruisseau de l’abattoir (source au niveau de l’actuel concessionnaire Citroën). »

Partager des moments vécus

Pierre Goupillon, président fondateur de l’association Passerelle de Mémoire, et Pedro Franco, responsable PACA de la même association, animent cette première rencontre. « L’idée est de recueillir les témoignages immatériels, afin de partager une expérience de l’histoire vécue* », indique Pierre Goupillon. La vie sans téléphone, les derniers chevaux de trait et vaches à lait, la porcherie à l’emplacement de Renault, l’absence de sanitaires, autant de réalités qu’ont connues une vingtaine d’autres habitants.

Freddy Guglielmi

« La Seyne avait été détruite à 70 % par les bombardements avec 5 000 logements rasés », rappelle Freddy Guglielmi, ancien directeur d’école, nommé en 1963 à l’école des garçons de Berthe. « L’inauguration de l’émissaire commun a été un moment de joie. Désormais, toutes les nouvelles constructions allaient disposer d’eau courante, de salles de bain et de sanitaires », poursuit-il.

Roland Bonnefoi, président de l’association CLAMS et membre du conseil de quartier Nord, se remémore son arrivée dans le quartier : « C’était en 1960 dans les 16 petites maisons de Berthe. Il n’y avait ni carrelage, ni accès goudronnés, ni enlèvement des ordures ménagères. On allait vider les immondices dans un trou de bombe près d’une cuve à pétrole. »

L’origine du nom de Berthe

Les coopérateurs du midi

Freddy Guglielmi émet deux hypothèses sur l’origine du nom du quartier. « Nous sommes dans une plaine où l’on cultivait, entre deux canniers (NDLR : sagnes en provençal, d’où La Seyne), du blé, des olives et du raisin, raconte l’instituteur à la retraite. La présence d’eau, avec la nappe fossile alimentée par la Reppe, expliquerait le nom de Berthe signifiant qui contient de l’eau“. »

Deuxième possibilité, l’une des nombreuses fermes (Ramin, Bolonne, Audone, Ramasin…) alimentant le marché du cours Louis-Blanc et les coopérateurs du Midi, disposait d’un forage équipé d’une pompe : « Cette pompe était surnommée Berthe par les riverains, qui, pour s’approvisionner, disaient je vais à Berthe. » A noter que le site de Jean-Claude Autran, pour sa part, attribue le nom de Berthe à celui d’une ancienne famille de la commune.

Cette action bénéficie du soutien financier de la Préfecture du Var, de la Métropole TPM, de la Ville de La Seyne-sur-Mer et du bailleur social THM.

Renseignements au 06 13 45 11 67 ou au 04 94 94 77 45
contact@passerelle-de-memoire.fr
* Du 7 au 12 juillet, esplanade Josiane Christin, une caravane recevra les témoignages. Auparavant, ce vendredi 12 juin à 16h30, vernissage de l’exposition « Berthe avant » au Centre social et culturel Mandela.

Vernissage de l'exposition "Berthe d'avant", le 12 juin au Centre social et culturel Mandela

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