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La batterie Bonaparte, entre mer et ciel

Située en léger retrait entre les forts de l’Éguillette et de Balaguier, la batterie Bonaparte reste pour beaucoup la belle inconnue qui se dévoile depuis 2019 lors des Journées européennes du patrimoine.

Construite en 1861 et réorganisée en 1877, la batterie Bonaparte est implantée parallèlement à l’anse de Balaguier, à une cinquantaine de mètres du rivage, suivant une pente d’un dénivelé de cinq mètres imposant une structuration en trois segments. Ces segments sont dits en “Ressauts”, chaque ligne de batteries rattrapant la hauteur de la précédente pour donner une continuité de niveau. L’implantation permettait en effet de bénéficier du défilement naturel offert au sud par les hauteurs de Balaguier et également d’être protégée des tirs ennemis venant du large.

Ouvrage de terre, la batterie Bonaparte autorise des accès individuels aux emplacements de tirs. C’est une batterie dite “ouverte” car elle ne dispose pas d’enceinte fortifiée ou muraille. D’abord baptisée “Batterie Napoléon”, elle devient “Batterie Centrale Napoléon” en 1898 (nom d’usage “Batterie Napoléon”), à la fois pour souligner sa position dans le triangle défensif des forts Napoléon, Balaguier et Éguillette et pour éviter une confusion avec le fort Napoléon qui la domine. Enfin, elle prend son nom actuel, “Batterie Bonaparte”, au début des années 1990. À l’origine, elle comprenait une garnison de cent militaires abrités pour une partie en caserne, un magasin aux vivres et deux magasins pour matériel d’artillerie. En 1878, l’armement consiste en trois lourdes pièces de 240 mm et sept de 190 mm.

Propriété de la Ville depuis 1986

Lors de la Première guerre mondiale, la France débute le conflit avec un fort déficit en artillerie lourde. En Méditerranée, la menace étant faible, les batteries de côte sont dépouillées de leur matériel pour renforcer le front du nord. La batterie Bonaparte n’échappe pas à la règle et restera désarmée jusque dans les années 1940. Durant la Seconde guerre mondiale, les Allemands s’en emparent pour en faire une position anti-débarquement. Elle participe ainsi au système de défense du Mur de la Méditerranée (Südwall) imaginé par l’Occupant. Évacuée sans combats à la Libération en août 1944, elle est rachetée par la commune de la Seyne-sur-Mer en 1986. Quelques années plus tard, elle accueillera dans deux de ses casemates un studio d’enregistrement pour ensuite abriter dans son ancienne caserne différentes associations aux activités bien fournies.

À visiter en septembre prochain

Un aperçu des objets exposés par l’association Mémoires du Débarquement de Provence (également en photo ci-dessus).

Cette pépite sera ouverte au public dans le cadre des Journées du patrimoine les 19, 20 et 21 septembre* pour des visites commentées, en partenariat avec l’association Mémoires du Débarquement de Provence qui évoquera les 80 ans de la Victoire de 1945. Ainsi, une scénographie axée sur l’utilisation d’une batterie de côte durant cette période sera présentée, avec les évocations d’un bivouac allié et d’une position de défense ennemie, avec divers objets et des personnels en tenue, ainsi qu’une mise en perspective historique sur les batteries de côte en général.

*Ouverture vendredi 19 septembre 14h à 18h samedi 20 et dimanche 21 septembre : 10h à 18h.
Batterie Bonaparte, 191 chemin de Balaguier (GPS : 43.097907172496726, 5.905254215316218). Attention : stationnement difficile aux abords.
En tête d’article : carte postale “La Batterie Bonaparte armée, début du XXe siècle”
Texte et photos : Jean-Christophe Vila

 

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