L’Appel du 18 juin 1940 célébré

A l’occasion du 82ème anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940, une cérémonie se tenait samedi 18 juin dernier devant la stèle du Parc Braudel. Gérard Beccaria, adjoint délégué aux Anciens combattants, a prononcé un discours avant le traditionnel dépôt de gerbe.

Discours de Gérard Beccaria, adjoint délégué aux Anciens combattants :

“Aujourd’hui, nous commémorons l’Appel du 18 juin 1940 prononcé par le Général De Gaulle qui refusa la défaite de la France et continua le combat contre l’Allemagne nazie.

La veille, Philippe Pétain, devenu président du Conseil déclarait l’armistice après six semaines d’une guerre éclair qui foudroya la France. Six semaines qui forcèrent six millions de civils à errer sur les routes devant l’avancée allemande. Six semaines de débâcle stratégique et militaire qui coûtèrent la vie à 90 mille soldats français. Six semaines qui réduisirent l’armée française au silence. Le 17 juin, devant le constat d’un échec inacceptable, le Général de Gaulle quitte le sol français avec la volonté de le reconquérir. Seul, dépourvu d’armée, il traverse la manche pour se rendre au Royaume-Uni, dernier rempart contre la furie allemande. Avec le soutien de Winston Churchill, il rédige et diffuse le 18 juin 1940 l’appel à continuer le combat pour la France.

Au milieu de la tragédie et du chaos, la voix du Général de Gaulle s’éleva. L’homme seul devient alors le premier. Le premier qui osa dire non au gouvernement de Vichy, non à sa hiérarchie militaire, non à la soumission au régime nazi, le premier à mener les Forces Françaises Libres… Le premier à résister ! Sa fidélité, il la donne avant tout à la France et aux valeurs républicaines bafouées. Sur les ondes de la BBC, celui qui deviendra le chef de la France libre, demanda au peuple français de refuser la défaite et de poursuivre le combat contre l’ennemi nazi. Il rappela également la dimension mondiale de cette guerre dans laquelle la France n’était pas seule. Devant la faillite collaborative du régime de Vichy, il érigea la France Libre. Il missionna Jean Moulin pour unir les valeureux membres des Forces Françaises Intérieures au sein du Conseil National de la Résistance. Son action plaça ainsi La France aux cotés des alliés. La reconnaissance de l’organisation résistante par les dirigeants du monde libre permettra à la France de prendre place à la table des vainqueurs.

Déchu de sa nationalité et condamné à mort par contumace par le régime de Vichy, Le général de Gaulle devient alors le visage de la France libre. Par son appel, il sonne la révolte pour la sauvegarde des valeurs humaines et républicaines misent en péril par le totalitarisme de l’Allemagne nazie. Le sens de ce sentiment de révolte est brillamment décrit par Albert Camus dans « l’Homme révolté ». Il représente la défense de l’humanité à travers la liberté, face à la normalisation du crime. Le crime est celui du totalitarisme nazi consenti par la collaboration du régime de Vichy. Par la révolte, le Général de Gaulle s’oppose à la barbarie du Reich et le fascisme du Maréchal Pétain. Il devient alors le garant de l’honneur de la France abîmée par la complaisance envers l’occupant. Ainsi, son action au service de l’intérêt supérieur de la nation française se meut en symbole. Autour de ce dernier se réunissent les idéaux d’honneur, de fidélité à la patrie et de souveraineté du peuple.

Peu entendu lors de ses diffusions, des extraits du texte furent publiés dans les presses libres durant les semaines qui suivirent. Les paroles indélébiles du Général de Gaulle allumèrent alors la flamme de l’espoir français qui ne cessa de grandir jusqu’à la victoire. Elles accompagnèrent les actes héroïques d’hommes et de femmes réunis dans les forces de la résistance intérieure et extérieure. Ensemble, ils donnèrent leur vie pour la France, dans les maquis provençaux, dans les montagnes du Vercors, dans l’enfer des plages de Normandie.

En cela, l’Appel du 18 juin est un acte fondateur. Point de départ de l’esprit de résistance français pour sauver la nation en péril, il insufflera les bases d’une France nouvelle aux lendemains de la guerre. Celle-ci sera républicaine, partagée par le peuple français uni au sein d’une nation indivisible. Au cœur de la Vème République, elle est encore aujourd’hui l’assurance de nos libertés et de notre démocratie.

L’Appel du 18 juin est un message de droit et de devoir pour tous les Français. Le droit du peuple français à être une nation souveraine et indépendante. Le droit du peuple français à être seul maître de son destin. Le devoir envers le pays de ne jamais perdre espoir. Le devoir de défendre la France et ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Ce message est également universel car il parle à toutes les générations. C’est un message du cœur qui s’adresse au cœur de tous les Français. Il fut le phare de la liberté qui guida les pas de nos aînés dans l’obscurité la plus totale. Il nous fut légué en héritage pour que nous devenions à notre tour les gardiens de cette liberté. Nous devons aujourd’hui le transmettre aux plus jeunes car ces futurs citoyens sont l’avenir de la nation française. En ce jour, rappelons-nous que le 18 juin 1940, au milieu d’une des nuits les plus sombres pour la France, un homme alluma la flamme de l’espoir qui brûlera pour toujours dans l’âme du peuple français.

Vive la République, vive la France !”

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