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Le casino Joa a 10 ans : entretien avec Dylan Peyras, le directeur

Le mois dernier, le casino Joa a célébré une décennie d’existence sur le parc de la Navale. Aux commandes depuis l’implantation initiale aux Sablettes en 2012, Dylan Peyras revient sur ce parcours marqué par des succès, des défis structurels et une intégration réussie dans le paysage seynois. Entretien avec le directeur du casino.

VLS : Le casino Joa vient de célébrer son dixième anniversaire sur le parc de la Navale et vous en êtes le directeur depuis 14 ans. Quand vous regardez dans le rétroviseur que voyez-vous ?

Dylan Peyras : C’est passé à une vitesse folle, je me souviens encore quand je venais le week-end pour préparer l’ouverture. Je recevais nos futurs collaborateurs pour les entretiens d’embauche. Je dormais à l’hôtel Kyriad (NDLR : Mercure aujourd’hui), je découvrais cette ville. Aujourd’hui, je suis Seynois et mes enfants ont grandi ici.

Michel Pacha avait construit trois casinos à La Seyne. Grâce au casino Joa, La Seyne-sur-Mer renoue avec une tradition ancienne des jeux d’argent.

Le casino du Manteau

DP : Oui, au début du siècle dernier, il y avait trois casinos à La Seyne (NDLR : le casino du Manteau, le casino de Tamaris et le casino des Sablettes). Après guerre, il n’en restait plus qu’un aux Sablettes. Qui ferme suite à un arrêté ministériel du 4 octobre 1994.

Le casino de Tamaris

Le 7 février 2008, La Seyne intègre le classement des Stations balnéaires et de tourisme, une condition sine qua non pour l’établissement d’un casino dans une commune. En 2009, la municipalité lance l’appel d’offres que le groupe Joa remporte. La Délégation de service public, pour une durée de 20 ans, est signée en 2011. Cette dernière nous oblige à construire l’établissement sur le site des anciens chantiers navals. Le 5 juillet 2012, alors que les travaux démarrent sur le parc de la Navale, nous ouvrons un casino provisoire aux Sablettes dans le même bâtiment que le casino Partouche. Celui-là même qui avait fermé en 1994.

Le casino des Sablettes

Une chance pour nous puisque l’établissement avait conservé tous les aménagements nécessaires pour notre activité avec des banques d’accueil et des coffres-forts intégrés dans les murs. Le nouveau casino a été livré début 2016, avec 8 mois de retard et, hélas 500 000€ de perte. Le déménagement et l’inauguration étaient annoncés le 7 janvier 2016. Nous avons fermé le casino des Sablettes le 6 janvier à 22h. Nous avons tout déménagé dans la nuit pour être prêts à 10h le 7 janvier, pour l’ouverture officielle et l’inauguration. Nous avons dû casser le mur pour récupérer les coffres-forts encastrés et remonter le mur dans la nuit (voir photo ci-dessous).

Déménagement casino Joa dans la nuit du 6 au 7 janvier 2016.

Financièrement, dans le cadre de la Délégation de service public, que rapporte concrètement l’établissement à la municipalité ?

DP : Le casino est taxé à 55% de son chiffre d’affaires, dont 15% pour la Ville. Ce qui équivaut à 2 millions d’euros par an environ. À ce montant, il faut ajouter les avantages en nature que sont les mises à disposition gratuites de la salle de spectacle. Le contrat nous impose 10 jours par an (voeux du maire, concert des Rockeurs ont du coeur, festival Femmes !, colloque Cap École…).  Enfin, nous mettons gratuitement à la disposition des artistes locaux une salle d’exposition au rez-de-chaussée.

Casino Joa en chantier en septembre 2015.

En termes de retombées économiques, combien d’emplois directs et indirects ont été créés ?

DP : Le casino emploie 85 salariés à temps plein. C’est difficile de quantifier les emplois indirects mais concernant nos sous-traitants, nous faisons confiance au réseau local d’entreprises, et ce grâce à notre partenariat avec l’ADETO (NDLR : Association de développement du pôle d’activités Toulon ouest), mais aussi grâce au réseau créé autour de notre club de rubgy, l’USS. Il faut savoir que nous dépensons 1 million d’euros par an, juste pour l’entretien du bâtiment.

Le casino des Sablettes juste avant sa réouverture par le groupe Joa (photo de 2011).

Concernant l’attractivité de la ville, avez-vous un chiffrage du nombre de visiteurs et de touristes qu’attire le casino ?

DP : Le casino attire 210 000 visiteurs par an qui viennent pour 80 % d’entre eux d’un rayon de 15 km. Et nous comptons 50 000 porteurs de la carte de fidélité du casino. Notre restaurant sert 50 000 couverts par an. Par essence, le joueur n’est pas très fidèle, il est surtout fidèle à ses superstitions. Ceci dit, nous pouvons tout de même compter sur une clientèle d’habitués.

Et les croisiéristes ?

DP : On les voit très peu. D’une part, parce qu’ils ont un casino à bord qui est ouvert non-stop dès que le paquebot navigue dans les eaux internationales. Et d’autre part, parce qu’ils ne prennent pas leur document d’identité avec eux quand ils sortent en escale.

Dylan Peyras coupe le ruban de l’inauguration officielle du casino Joa le 7 janvier 2016.

Vous avez coupé le ruban du casino il y a 10 ans, et vous avez affronté des difficultés (les retards de travaux de la première année, les confinements du Covid, l’ouverture de deux casinos concurrents à Sanary et à La Ciotat), comment les avez-vous surmontées ?

DP : La première année, nous avons dû faire face à une perte de 10% par rapport à nos objectifs. C’était attendu. Et malgré l’ouverture du casino de La Ciotat en 2017 et, celle de Sanary en 2018, nous avons relevé le défi. Et ce grâce aux 23 millions d’€ de fonds propres investis par Joa, mais aussi grâce à la Ville qui a toujours été très compréhensive. La Ville nous a aussi beaucoup aidés pendant le COVID. Sans oublier le « Quoi qu’il en coûte » qui nous a permis de continuer à payer les salaires de nos collaborateurs.

Dylan Peyras en mai 2012 pour l’inauguration du casino provisoire des Sablettes.

Mais malgré cela, je pense que si nous avions été un casino indépendant, nous n’aurions pas tenu. La solidité financière du groupe Joa nous a permis de rouvrir sans difficulté après trois confinements et 7 mois et demi de fermeture. À la réouverture, il a fallu réaménager les espaces de jeu pour respecter la distanciation sociale avec, du coup, moins de machines à sous et de jeux disponibles. Il a fallu équiper les tables de jeux de plexiglass et contrôler les pass sanitaires. On s’est adapté mais c’était violent, surtout le 17 mars 2020 quand nous avons vu les policiers débarquer et nous annoncer que nous avions que quelques heures pour fermer le casino.

Avec la mutation de votre secteur d’activité en cours et notamment la concurrence, parfois illégale des jeux en ligne, comment imaginez-vous le casino seynois dans 10 ans ?

DP : Pour être honnête, je ne pensais pas être encore ici 14 ans plus tard. Dans ce secteur des jeux d’argent qui évolue très vite, nous sommes sans cesse en recherche de développement et d’innovations. Nous investissons 1 million d’euros par an pour renouveler nos jeux, sachant qu’une machine à sous coûte 30 000€ par exemple. Côté projets, nous allons complètement rénover le restaurant et notre bar des sports en 2027. Nous avons toujours nos ruches sur le toit terrasse. En ce moment, les abeilles sont en hivernage mais elles seront de retour avec le printemps, et nos clients peuvent toujours acheter le miel du casino Joa. Chaque année, nous améliorons l’expérience des joueurs car ici on crée du plaisir. Des spectacles, des concerts, du théâtre, du stand-up, des festivals comme la Kermesse avec qui nous organisons les soirées After-concert, des expos… C’est notre métier ! On attend avec impatience que les projets de reconversion de l’Atelier mécanique et de requalification de la Corniche démarrent. On se donne rendez-vous ici, dans 10 ans, pour en reparler ?

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