En 1973, la Ville rachète le fort Napoléon au Domaine militaire, et l’année 1984 marque l’ouverture officielle au public en tant que lieu d’exposition et de concerts. Voilà pour le bâti lui-même. Les abords de l’édifice de style Vauban sont quant à eux propriétés du Département, du fait du classement de la forêt entourant le fort en Espace naturel sensible. C’est un projet de 7 ans qui s’est concrétisé le 5 mars dernier lors d’une visite organisée par le Département. Pour son président, Jean-Louis Masson, qui accompagnait le maire Joseph Minniti, “c‘est un très bel hommage à Napoléon et à cette architecture militaire où tout est pensé dans une parfaite symétrie . On a ouvert la vue sur la rade de Toulon et aménagé un parcours historique, afin que les visiteurs puissent s’imprégner de la vie des soldats. Je suis heureux de visiter aujourd’hui ce véritable musée à ciel ouvert. Car ici, on voulait partager toute les connaissances autour de cette rade militaire avec les visiteurs”.
“Un phare de notre ville”
Pour sa part, le maire Joseph Minniti n’a pas caché son plaisir de découvrir ces nouveaux aménagements : “Ce lieu est un site phare de notre ville, le témoin de notre histoire militaire. C’est aussi un Espace naturel sensible depuis 1982. Cette forêt qui attire de nombreux promeneurs locaux, visiteurs et touristes, méritait une requalification. L’ambition était de révéler sans dénaturer. Laisser parler le site par lui-même. Mais aussi d’expliquer son histoire, son rôle stratégique à travers l’histoire. Sans oublier de mettre en valeur un lieu de biodiversité et de sensibilisation. Nous avons hâte que les petits Seynois découvrent ces aménagements très ludiques et pédagogiques. Certains d’entre eux, les élèves de la classe d’Estelle Lagadet de l’école Marcel-Pagnol, ont déjà participé à ce projet en plantant 150 végétaux en contrebas. Je les remercie et je salue le travail remarquable du Département et, de la Ville. C’est une très belle réussite”.
Un redan reconstitué
Mais que vont découvrir les visiteurs du fort ? C’est Olivier Auda, chef de projet représentant la direction des espaces naturels, forestiers et agricoles pour le Département et Florence Hausard, maître d’oeuvre et conceptrice pour l’atelier Amarante qui l’ont annoncé lors de leur visite commentée. Mais avant de présenter le résultat de 7 ans de travail, ils ont tenu à remercier tous les acteurs du projet : les collectivités locales, les agents, les bénévoles, les associations et le Centre archéologique du Var, avec qui ils ont collaboré pour la mise en valeur historique du fort. Les archéologues de centre varois ont fait une analyse du site en comparant un plan historique et une photo aérienne. Ce qui a permis de déterminer l’emplacement du bastion Nord et, en décaissant, de découvrir un redan et un chemin couvert. Ce redan a été reconstitué afin que les visiteurs comprennent l’intérêt défensif de ces aménagements militaires.
Un circuit historique

Des visiteurs qui seront sans doute nombreux à découvrir les aménagements qu’ont présentés Florence Hausard et Olivier Auda. Une frise historique de huit mètres de long accueille le visiteur. Elle raconte l’histoire du fort. Plus loin, un plan de l’édifice en métal est plaqué au sol, permettant de découvrir la complexité architecturale du style Vauban. Puis, le long d’un sentier balisé, on découvre le redan et le chemin de ronde couvert. L’installation d’une silhouette de soldat en face du redan, permet d’en comprendre l’utilité. Des panneaux pédagogiques sont installés à chaque étape du circuit historique. Des QR Code permettront bientôt d’en savoir encore plus. Ce travail de communication a été réalisé en partenariat avec les élèves de la classe MMI de l’université de Toulon.
Onze hectares à redécouvrir
Pour mettre en valeur les richesses faunistiques et floristiques des onze hectares du site, de nombreuses associations dont la Ligue de protection des oiseaux se sont investies. En effet, cinq espèces de chauve-souris et 50 espèces d’oiseaux y résident ou, y font une halte lors de leur migration. “On voulait un projet sobre qui respecte l’histoire des lieux”, résume Florence Hausard. “Ces aménagements épurés respectent la dualité d’un site avec beaucoup d’usages et d’un patrimoine historique, précise le président du Département. C’était le sens de la mission avec un site fréquenté par des habitués, tout en gardant les voitures à distance.”
Avant de clore la visite, Olivier Auda rappela que “Napoléon Bonaparte avait ordonné la construction du fort actuel sur l’ancien fort Caïre. Mais il ne l’a jamais connu. Il est mort l’année de son achèvement en 1821. Mais, depuis lors, il n’a jamais été attaqué”.
Pour découvrir tous ces nouveaux aménagements, il suffit de monter au fort Napoléon et d’emprunter l’un des trois sentiers qui l’entourent. Ils sont balisés. Bonne balade !





