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L’hommage aux Justes et aux victimes des crimes antisémites de l’État français

Dimanche 20 juillet, à l’occasion de la Journée nationale en hommage aux Justes de France, la commune appelait au recueillement sur le quai Tailliez. Une cérémonie empreinte de gravité, destinée à saluer la mémoire de ces femmes et de ces hommes qui, au péril de leur vie, ont sauvé des Juifs durant la Shoah. Autour du maire Joseph Minniti, étaient présents ses adjoints ainsi que Sandra Kuntz, conseillère régionale.

En ouverture de la cérémonie, le maire Joseph Minniti a donné lecture du message de Patricia Mirallès, secrétaire d’État chargée de la Mémoire. Un texte fort, revenant sur la rafle du Vél’ d’Hiv, lorsque plus de 13 000 personnes, dont un tiers d’enfants, furent arrêtées à l’aube du 16 juillet 1942, dans un climat de peur et de silence.

Se souvenir pour agir

En relayant ces mots, le maire a rappelé que ce crime, pensé par l’occupant nazi, fut exécuté avec le zèle de l’administration française. Une trahison des valeurs républicaines, menée par des hommes en uniforme français, mais qui ne servaient plus la République.

Face à cette page sombre de l’histoire, subsiste pourtant une lumière : celle de ceux qui ont résisté par humanité. La suite du discours fut également l’occasion de rendre hommage aux Justes parmi les Nations, ces femmes et ces hommes ordinaires qui, au péril de leur vie, ont sauvé des Juifs pendant l’Occupation. Leurs actes, souvent silencieux, demeurent des exemples d’un courage civil rare : une chambre dissimulée derrière une armoire, des enfants cachés dans une ferme, des noms effacés des registres… « Ils ont incarné, dans les ténèbres, un honneur français. Une école de citoyenneté. »

Les enfants du Conseil municipal des jeunes ont pris la parole pour lire un texte insistant sur l’importance de la mémoire, du courage et de la tolérance. « Nos petites et grandes actions peuvent encore aujourd’hui faire reculer l’injustice et la haine. »

Une mémoire vivante, des témoignages forts

Le docteur Alain Londner, représentant de Yad Vashem, a rappelé l’histoire du titre de Juste parmi les Nations, décerné par l’État d’Israël à celles et ceux ayant aidé des Juifs durant la Shoah sans en attendre de récompense. À ses côtés, Jean-Michel Poncelet, petit-fils de Justes, a évoqué l’histoire de ses grands-parents, qui ont caché trois enfants juifs en Normandie. Simon, Alice et Michel ont survécu à la guerre et sont partis vivre aux États-Unis en 1949. Simon, resté en contact avec la famille, s’est battu pour faire reconnaître officiellement le courage de ses sauveurs, qui ont reçu le titre de Juste, à titre posthume, en 2017.

Comprendre les racines de la haine pour mieux s’en prémunir

Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, également présent, a pris la parole pour rappeler que « la désignation d’un bouc émissaire est un processus toujours prêt à ressurgir ». Il a mis en garde contre la facilité avec laquelle les esprits peuvent être manipulés, dès l’enfance et jusque dans les premières années d’université, par les discours de haine et la propagande. Une alerte lucide, nourrie par l’histoire : « Dans les années 1930, les jeunes fanatisés étaient souvent d’excellents élèves. Quand on ignore le passé, la page suivante peut être pire. »

Boris Cyrulnik parle en connaissance de cause. Enfant juif caché pendant la guerre, il a perdu ses deux parents, arrêtés puis déportés à Auschwitz. Une blessure intime, devenue fondement de son engagement. Et aujourd’hui encore, son avertissement demeure d’une brûlante actualité : « À l’heure où l’on assiste à une recrudescence inquiétante du racisme et de l’antisémitisme, il suffit, pour s’en convaincre, d’observer certaines campagnes d’affichage récentes*. »

*Une illustration antisémite, représentant un rabbin fusionné avec un missile et récemment placardée à Toulon et La Seyne-sur-Mer, a suscité l’indignation générale et a été dénoncée comme telle par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). La Ville de La Seyne-sur-Mer a fait un signalement auprès du procureur de la République.
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