Au fil de la matinée, le flot de participants n’a cessé de grossir. Familles, habitués, curieux et fidèles se sont mêlés dans la montée vers la chapelle, dans une atmosphère conviviale et respectueuse.
Arrivés au sommet, beaucoup ont dû se contenter des abords du site : la chapelle n’a pas pu contenir l’ensemble des participants, contraints de suivre la célébration à l’extérieur. La messe, chantée par l’association Lou Raioulet, a résonné bien au-delà des murs, portée par le silence attentif de la foule.
Comme le veut la tradition, la procession s’est organisée autour de la statue de la Vierge, portée tout au long du parcours, entourée notamment des marins de la SNSM, rappelant le lien profond entre ce rendez-vous et le monde de la mer.
Un moment de partage à l’aire des Mascs
Après la cérémonie, les participants se sont retrouvés à l’aire des Mascs pour prolonger la journée dans un esprit plus détendu. Dans une ambiance musicale assurée par la Philharmonique La Six-Fournaise, les familles ont partagé un pique-nique tiré du panier, tandis qu’un apéritif était offert par la ville de Saint-Mandrier-sur-Mer.
La journée s’est poursuivie autour d’un concours de pétanque, ponctué de lots, dans une atmosphère conviviale qui a rassemblé toutes les générations.
Un poste de veille ancestral sous surveillance seynoise
Bien avant de devenir un lieu de pèlerinage, le sommet du Cap Sicié occupait une fonction stratégique. Dès le Moyen Âge, une première installation rudimentaire permettait à des guetteurs de surveiller l’horizon et de prévenir les incursions maritimes, selon un système hérité des pratiques antiques consistant à allumer des feux d’alerte. En 1589, une véritable tour de guet est édifiée, confirmant le rôle défensif du site pour la côte varoise, avec des sentinelles chargées de transmettre les signaux à la population. Mais en 1625, un violent orage frappe la tour et la détruit partiellement sans faire de victime. Interprété comme un signe, l’événement bouleverse le destin du lieu : une procession est organisée, une croix dressée, et une chapelle est construite dans la foulée, dédiée à Notre-Dame de Bonne Garde, protectrice des marins.
Un site naturel et spirituel à couper le souffle
Par sa position, la chapelle surplombe de manière spectaculaire la mer et les reliefs varois. Même George Sand, de passage, fut frappée par la majesté du lieu. Elle écrivit :
« Au pied de la chapelle, le précipice est vertigineux. On plonge à pic, parfois en encorbellement sur la mer… La paroi est très belle, des brisures nues, traversées tout à coup par des veines de végétation obstinée, des arbres nains… En face, il n’y a plus que la mer… Une brume irisée au bord, mais compacte à l’horizon, faisait de la Méditerranée une fiction, une sorte de rêve où passaient des navires qui semblaient flotter dans le vide. »
Aujourd’hui encore, qu’on y accède par La Seyne-sur-Mer ou qu’on la contemple depuis Six-Fours-les-Plages, Notre-Dame-du-Mai reste un repère sacré et un joyau du patrimoine local, à la croisée de l’histoire, de la foi et des paysages vertigineux de la côte varoise.





