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Pour une école toujours plus inclusive, une unité maternelle autisme à l’école Pierre-Semard

Une unité d’enseignement maternelle Autisme (UEMA) a été ouverte cette rentrée scolaire au sein de l’école Pierre-Semard. Sept enfants sont accueillis dans cette classe innovante gérée par l’Association pour les adultes et jeunes handicapés du Var. Pourquoi une telle structure est-elle indispensable ? Une maman témoigne et Ludovic Pourrier, directeur général de l’Apajh 83, nous explique comment elle fonctionne.

Louna a 4 ans. En un trimestre elle a fait d’immenses progrès, selon sa maman, notamment au niveau de sa motricité. La petite fille est scolarisée, comme son grand frère âgée de 5 ans, à l’école Pierre-Semard : lui dans une classe ordinaire, elle dans celle de l’unité d’enseignement maternelle Autisme (UEMA) ouverte en septembre dernier. Et pour Louna, jusqu’alors à l’école en milieu ordinaire, comme pour ses parents : « Ça change tout ! »

La mère de famille raconte : « Les enfants sont pris en charge par des professionnels (lire ci-après), ils ne sont que sept en classe avec quasiment un accompagnant pour un élève. Il y a donc moins de bruit, moins d’agitation, une meilleure surveillance et une meilleure qualité des apprentissages. Car il n’y a pas que le soin qui compte, le scolaire est tout autant important. La maîtresse se sert d’outils spécifiques comme la méthode PECS® pour travailler le langage et permettre à l’enfant de se faire comprendre et qu’il nous comprenne. L’espace est adapté avec des zones de repli qui sont des petits aménagements où les petits peuvent s’apaiser s’ils reçoivent trop de stimulation. Dès l’accueil, ils sont mis en confiance. »

On voit la différence, assure la jeune maman. Louna a moins de réticence et il y a moins de crises grâce au travail sur la communication. Elle va à l’école avec le sourire, elle s’y sent bien. C’est un soulagement aussi bien pour nous que pour elle. En milieu ordinaire, il lui était difficile d’aller à l’école à temps plein. C’était donc difficile aussi pour nos vies professionnelles. Tous les rendez-vous de soins étaient pris en libéral, c’était épuisant pour elle. Le fait que tout soit réuni dans l’unité, c’est aussi moins fatigant pour les parents. »

Six questions à Ludovic Pourrier, directeur général de l’Apajh 83

  • Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet ?

Ludovic Pourrier : « L’Apajh a répondu à un Appel à manifestation d’intérêt pour la création d’une UEMA sur le territoire de la métropole Toulon Provence Méditerranée au tout début 2025. L’association est implantée à proximité du quartier Berthe depuis 1975, avec son Centre médico psycho-pédagogique (CMPP) qui reçoit chaque année plus de 220 enfants pour des soins et des rééducations (psychothérapie, accompagnement neuropsychologiques, psychomotricité, accompagnement éducatif…)*. Notre volonté était donc de pouvoir faire bénéficier aux familles de ce territoire de l’ouverture de ce dispositif spécialisé pour la bonne inclusion en maternelle de jeunes enfants diagnostiqués comme porteurs d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). »

  • Pourquoi cette UEMA a-t-elle été créée précisément dans cette école ?

L. P. : « Notre travail a commencé avec la mairie, fin 2024, pour cibler la “meilleure” école pour accueillir ce projet. Très vite, la Ville, l’Éducation nationale et l’Apajh sont tombés d’accord sur l’école maternelle Pierre-Semard pour plusieurs raisons : un savoir-faire depuis de nombreuses années dans l’accueil des très jeunes enfants et des enfants à besoins spécifiques ; une équipe expérimentée, bienveillante et à la pointe sur l’adaptation pédagogique ; une école avec beaucoup d’espaces où les enfants ne manquent pas de place pour s’épanouir (plusieurs cours de récréation et d’espaces de motricité) ; et une direction d’école accueillante et volontaire pour participer à cette innovation. »

  • Comment fonctionne-t-elle ?

L. P. : « Grâce aux moyens attribués par l’Éducation Nationale (le personnel enseignant) et l’Agence régionale de santé (les personnels médico-éducatifs), les sept élèves de l’UEMA (l’effectif est réglementairement limité à 7) sont accueillis chaque jour par une équipe de professionnels spécialisés et formés spécifiquement à l’accompagnement d’enfants porteurs de TSA : une enseignante spécialisée à temps plein, une neuropsychologue-coordonnatrice, une psychomotricienne, quatre éducatrices et une cheffe de service. Un temps d’orthophoniste reste à pourvoir mais les enfants bénéficient à ce jour de conventionnement avec des orthophonistes libéraux du territoire. »

  • Quelle est la spécificité de cette offre éducative ? 

L. P. : « Rattachée à un établissement médico-social implanté dans l’école maternelle, l’UEMA propose un cadre de scolarisation adapté à des élèves avec des troubles du spectre de l’autisme et pour lesquels la MDPH a notifié ce besoin. Ces dispositifs permettent d’associer de manière précoce des aménagements pédagogiques et un soutien éducatif. »

  • À qui s’adresse-t-elle ?

L. P. : « Les UEMA s’adressent aux enfants de 3 ans à 6 ans, dès la petite section de maternelle, ayant des compétences verbales expressives ou réceptives fragiles et n’ayant pas acquis suffisamment d’autonomie et/ou présentant des troubles du comportement entravant leur scolarisation même avec le soutien d’un AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap). Notre première visée est que l’enfant se sente bien à l’école, qu’il repère les adultes qui l’accueillent, ses camarades. La seconde sera de réussir à définir les outils et méthode de communication qui seront les plus adaptées à son profil (verbal, utilisation de pictogramme, apport gestuel…). »

  • Comment s’organise-t-elle ?

L. P. : « L’objectif est de mettre en place un fonctionnement sécurisant et structuré pour les enfants avec des repères (différents coins “éducatifs”, “sensoriels”), des emplois du temps individuels “imagés” et des espaces “de travail” bien identifiés. Tout ces aménagements doivent permettre à nos élèves de construire leurs compétences d’élèves afin de les réinvestir dans des temps d’inclusions construits avec les maîtresses et les maîtres des autres classes de l’école. En effet, l’UEMA n’est pas une classe à proprement dit, c’est un dispositif qui prépare les élèves à évoluer le mieux possible dans les autres classes de l’école avec l’ensemble de leurs camarades. »

Convention avec la Ville

La convention de partenariat signée par la Ville, l’Association pour les adultes et jeunes handicapés du Var (Apajh 83) et la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) a été présentée par Valérie Guittienne, adjointe déléguée au handicap et à l’inclusion, lors du conseil municipal du 13 janvier 2026.

Le partenariat, conclu pour l’année scolaire 2025/26, est tacitement reconductible quatre fois. Dans son champ de compétences, et afin de répondre à la spécificité de l’UEMA, la Ville a aménagé la salle de soins et un stationnement réservé pour le transport des élèves, elle donne accès à la restauration scolaire et à l’accueil périscolaire dans les mêmes conditions que tous les écoliers, sachant qu’ils sont placés sous la responsabilité des encadrants de l’Apajh.

*L’Apajh a également acquis la maison voisine à l’école pour reconstruire le CMPP, le permis de construire du nouveau centre sera d’ailleurs déposé en mairie au cours du premier trimestre 2026. L’idée est de faciliter encore plus l’accès aux soins pour l’ensemble des écoliers et collégiens de ce secteur de La Seyne-sur-Mer.
Pour plus de renseignements, les parents concernés peuvent contacter la cheffe de service de l’UEMA, Krystel Autin à l’adresse mail suivante : k.autinpretel@apajh83.org
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