
« Quand j’ai été élu président, j’ai tout de suite demandé les rapports de gestion des deux derniers exercices. Quand je les ai reçus, je suis littéralement tombé de ma chaise ! » Henri Gabriele découvre alors une perte cumulée sur les cinq dernières années de 1,9M€ et des résultats négatifs depuis trois ans. « La première année du contrat, le résultat était de +192 575€. L’année suivante, il tombe à… 7 170€. Et c’est la dégringolade les années suivantes : – 497 243€, – 596 728€ et – 696 818 €. Comment a-t-on pu en arriver là ? Pourquoi les élus de l’ancienne mandature qui étaient administrateurs n’ont rien dit, n’ont rien fait ? Ce n’est pas un accident, c’est une trajectoire ! » En épluchant les comptes, on comprend vite où le bât blesse : au cumulé depuis le début du contrat, 17 000 factures sont restées impayées pour un montant de 2,9 M€. « Il n’y a aucune volonté de recouvrer ces impayés, on me dit que c’est ainsi. Mais il est hors de question de se satisfaire de cette situation car au final ce sont les Seynois qui devront régler la note. Et cela, ce n’est même pas imaginable. »
Rendez-vous en septembre
Refusant en bloc toute idée de recapitalisation (c’est-à-dire réinjecter de l’argent public dans la société) ou d’augmentation du prix du m3, Henri Gabriele a donné rendez-vous en septembre aux responsables de la Seynoise des Eaux (groupe Suez) pour un conseil d’administration exceptionnel. « Je ne leur demande pas de me présenter un plan de redressement, c’est moi qui vais leur donner une feuille de route. A commencer par les obliger à aller chercher les impayés. Ce que je veux, ce sont des clients qui paient ! Je peux comprendre que certaines familles rencontrent des difficultés, mais pas à ce niveau là. Le contrat dure encore trois ans et demi. A ce rythme là, imaginez les comptes à la fin ! »





