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Une maraîchère seynoise devient Miss France agricole 2025 ! 

Gabrielle Priolio a failli naître dans une parcelle de fraises lorsque sa mère était à la cueillette. Depuis, elle a fait de l’agriculture sa raison d’être. Elle est la douzième génération à prendre soin de quatre hectares de terre divisés en deux parcelles : l’une au Clos Mireille à Mar-Vivo, l’autre au domaine du Plan de la mer, à la Coudoulière. Depuis samedi soir, elle est la nouvelle Miss France Agricole. 

Une sélection par les internautes et un choix du jury. 

Samedi dernier avait lieu sur une grande chaîne nationale l’élection de Miss France. Sur les réseaux sociaux, un tout autre concours était ouvert aux jeunes agriculteurs. Après avoir déposé leur candidature en ligne avec un texte de présentation et une photographie, ils étaient soumis aux votes des internautes. Les vingt candidats à avoir obtenu le plus de likes dans la semaine devaient alors envoyer une courte vidéo pour se présenter. Un jury composé de leurs pairs était chargé par la suite d’élire le grand gagnant. Quelques minutes après l’annonce de Miss France, une jeune Seynoise a entendu son téléphone sonner.

Gabrielle reprendra les rênes de l’exploitation familiale cette année. 

Elle raconte : “Je suis en plein rêve éveillé ! J’entends parler de ce concours depuis des années mais je ne me sentais pas encore légitime pour participer, parce que je n’étais qu’une aide familiale pour mes parents. À présent, j’ai plusieurs années d’expérience derrière moi et surtout, je change de statut dans l’année. Je vais reprendre les rênes de l’exploitation et devenir cheffe d’entreprise. Je me suis dit que c’était le bon moment et je pensais vivre ça comme une expérience. Tous les profils étaient de qualité, j’avais évidemment un espoir, comme on rêve d’un but à atteindre, mais je ne pensais pas être élue dès mon premier essai !”

L’envie de représenter au mieux le monde agricole. 

Depuis, la jeune femme de 22 ans enchaîne les interviews radio et télé. Elle recevra son écharpe au salon de l’agriculture en février prochain et espère déjà pouvoir rencontrer les politiques. “Le monde agricole est en colère et je n’en suis pas la porte parole, mais je peux, peut-être faire entendre, tout de même, ma petite voix. On sait le problème de l’importation avec des normes moins contraignantes que celles établies sur le sol français. Mais j’aimerais aussi mettre en lumière le problème des frais de succession lorsqu’on débute dans le métier et l’administratif qui est très lourd. Il faut aider ceux qui veulent se lancer dans ce métier difficile.”  

Au clos Mireille, la vente de fruits et de légumes. 

Bien avant la Révolution française, cette parcelle de terre située au 160 Vieux chemin des Sablettes avait un rôle nourricier. D’ailleurs, dans les lettres anciennes de sa famille, on parle de “cette femme qui écrit”, que l’on dit peu affable … et peu aimable ! Il s’agit en réalité de George Sand qui empruntait le petit sentier devant l’’exploitation. Le père de Gabrielle, Robert, apporte une explication à cela : “Elle ne s’exprimait qu’en français quand les gens d’ici parlaient le provençal. Deux langues qui se confrontent ne favorisent pas toujours les échanges.” À l’époque, sur l’exploitation, on trouvait surtout des arbres fruitiers et des oliviers. C’est en 1953 qu’il a été décidé de construire un puits afin de pouvoir favoriser les cultures. « Puis ma grand-mère a ouvert les portes de la demeure familiale aux voisins pour la vente, intervient Gabrielle. L’exploitation porte encore son nom aujourd’hui. Dans notre famille, ce sont les femmes qui ont tenu les terres pendant toutes ces années, les hommes, eux, ont tous été décimés par la guerre ou la maladie. » 

Un trésor du patrimoine du XXe siècle. 

Si les années passent et que les générations se succèdent, la terre, elle, garde des traces des cultures passées. Au clos Mireille, il est encore possible de voir des serres sur rails au fond du terrain. Elles ont été posées dans les années 1960. À l’époque, le système était considéré comme avant-gardiste car il proposait de respecter la saisonnalité des cultures en permettant une rotation. Il fallait compter une journée de labeur et au moins deux personnes afin de pouvoir déplacer les serres sur une trentaine de mètres. À découvrir !

Mar-Vivo, (160 vieux chemin des Sablettes) vente de légumes et de fruits le samedi et le mardi matin.

Photos © Lola Diligent

A la cérémonie des voeux 2025 au casino Joa

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