D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours dessiné. « Je récupérais les intercalaires des présentoirs de Prisunic (NDLR : L’ACTUEL ACTION), et je les utilisais comme supports où je dessinais avec le charbon de la cheminée. Ma maman me disait Dieu t’a fait cadeau d’un don. »

« Puis, la vie d’épouse et de maman, la charge mentale qu’elle induit et mon travail à la CAF m’ont éloignée de cette passion pour l’art. » Jusqu’en 2007 et un cancer du sein qui lui impose une chimiothérapie et lui “offre” une retraite anticipée. C’est le déclic ! Elle s’inscrit à l’école municipale des Beaux-Arts. Les cours agissent sur elle comme une véritable thérapie : « Là-bas personne ne savait, ça m’a fait tellement de bien de ne plus être qu’une “malade” !»
Son époux, son premier fan, « un homme merveilleux aux mains d’or, qui m’a quittée pendant le Covid et à qui je n’ai pas eu l’autorisation de dire au revoir », lui avait aménagé un petit atelier à la place du poulailler ; c’est dans ce cocon où l’âme de son amoureux flotte partout qu’elle a réalisé sa plus belle toile : un portrait de lui. « Je l’ai peint une semaine après sa mort, j’avais peur d’oublier ses expressions. »
Dans cette toile qui trône fièrement dans le salon familial, Yolande a réalisé ce qu’elle sait faire de mieux en peinture : « mélanger l’abstrait et le réalisme ». Une technique artistique remarquable et une flamboyance des couleurs utilisées qui n’ont pas échappé à l’autrice seynoise Hélène Bottasso, qui l’a parrainée auprès de la Société académique d’éducation et d’encouragement.
Le 4 octobre, cette dernière lui décerne la médaille d’argent des Arts Sciences Lettres. « J’ai aussi reçu par deux fois l’Aigle de Nice*. »
Mais la flamboyante rousse n’est pas du genre à s’endormir sur ses lauriers : « J’entame une période aquarelle », annonce-t-elle.





