Nathalie Bicais : « Nous devons être un phare sur la Méditerranée »

La Seyne-sur-Mer a été la première commune du Var à être labellisée, en début d’année, par l’association Protection des océans. Une démarche symboliquement officialisée, lundi 20 juin au pied du Porteur d’écume, place Lazare-Hoche, par le maire Nathalie Bicais et son adjointe déléguée à l’environnement, Christine Sinquin, en présence des représentants associatifs impliqués.

Nathalie Bicais, maire de La Seyne-sur-Mer

Place Hoche, ce lundi 20 juin, Nathalie Bicais, maire de La Seyne-sur-Mer et son adjointe déléguée à l’environnement, Christine Sinquin, officialisaient l’obtention par la Ville, du label Protection des océans. Le lieu n’a pas été choisi par hasard, puisque la plaque a été dévoilée au pied de la sculpture signée Benoît de Souza, Le Porteur d’écume, « pauvre homme qui jette son filet à la mer et le récupère empli de déchets », s’émeut Nathalie Bicais. « Tout un symbole ! » pour une première magistrate qui reste convaincue que « l’art permet d’envoyer des messages forts », à l’image de l’exposition Photo-Climat installée en ville c’est hiver. « Nous avons conscience de nos responsabilités », réaffirme-t-elle, qui plus est, dans une commune qui comprend 27 kilomètres de littoral. Or, justement, explique Christel Ferrasse, membre de l’association Protection des océans, « ce label met en lumière les communes engagées pour protéger les océans. Et l’océan, élément essentiel et vital pour tout le monde, commence partout car tout finit dans l’océan. »

« Le réseau d’eau, source de vie »

Christel Ferrasse, membre bénévole de l’association Protection des océans

« La Seyne est la première commune, dans le Var*, à avoir obtenu ce label (en début d’année), parmi une dizaine de communes françaises », souligne la bénévole. Elle explique ainsi que celui-ci doit inciter à « lutter contre la prolifération des déchets » quand « 10% seulement des déchets plastiques sont recyclés ». Il s’agit par conséquent de « dénoncer nos modes de consommation qui portent atteinte à l’environnement », sachant que le cahier des charges comporte 10 points au total (ci-après), dont « plusieurs sont déjà mis en place » relève-t-elle. Elle cite en particulier une « initiative originale » : les “bars à eaux” proposés avec la Seynoise des eaux. En effet, ajoute Christel Ferrasse, « il faut encourager les citoyens à consommer l’eau du robinet pour limiter les déchets plastiques, et dans un pays où nous avons la chance d’avoir de l’eau potable, informer la population sur sa qualité. Ce sont des petits gestes simples mais aux conséquences énormes pour la planète ».

« La Seyne coche beaucoup de cases »

« Le réseau d’eau est source de vie dans notre ville », abonde Nathalie Bicais qui considère également que « la Méditerranée est notre mère ». Aussi, et en plus de « la valorisation de l’eau potable », souligne-t-elle : « Dans le cadre de notre schéma global de mise en valeur du littoral (Le Collier de perles), nous menons des actions extrêmement puissantes : nous avons le réseau de thalassothermie ; pour l’aspect pédagogique, nous avons des opérations telles “Ici commence la mer” avec le collège Henri-Wallon ; nous adhérons à la charte Objectif Zéro plastique et réalisons tout un travail sur les plages. Celle des Sablettes est devenue “non-fumeur” et nous avons installé des cendriers aux abords. Nous menons de vraies actions de sensibilisation. La Méditerranée a fondé une civilisation à l’histoire riche, nous avons l’héritage de Michel-Pacha, nous lançons le projet Neptune au Nouveau Balaguier… Nous devons en être les gardiens, être un phare sur la Méditerranée. » Ainsi, selon le maire, La Seyne « coche beaucoup de cases ».

« Nous travaillons pour l’avenir de nos enfants »

Christine Sinquin, adjointe déléguée à l’environnement

Pour autant, poursuit Christine Sinquin, son adjointe déléguée à l’environnement : « L’obtention de ce label n’est pas une fin en soi, le travail continue. De nombreuses actions sont menées : la création du canal d’avivement de Saint-Elme, les opérations d’enlèvement des épaves le long de la corniche Tamaris, ré-ensablement de Mar Vivo avec du sable naturel, les nombreuses opérations de ramassages des déchets, la Fête de la mer et des littoraux, le sentier sous-marin et la pose de récifs artificiels à la Verne pour amener les gens à apprécier les fonds marins. A travers ces actions, très nombreuses, que nous menons à notre niveau, avec conviction, nous travaillons pour l’avenir de nos enfants. » L’élue précise en outre que la Ville n’œuvre pas seule en faveur de la protection de l’environnement, mais avec des partenaires, dont l’association Éleau, représentée ce lundi par son président, Philippe Grau, et sa trésorière, Patricia Ettouati.

Patricia Ettouati, trésorière de l’association Éleau

« Nous sommes des plongeurs professionnels, cela fait plus de 20 ans que l’on observe la mer, et nous nous sommes aperçus que les gens ne connaissaient pas cet univers. Le travail est immense, dans un temps très long, témoigne cette dernière. Notre grand projet en préparation concerne les épaves en acier (à différencier des épaves en plastique qui sont de vrais déchets). Nous lançons un appel à la mobilisation pour les protéger, en particulier de la corrosion, afin d’en faire des récifs artificiels propices au développement de la biodiversité. »

*Précédant Trans-en-Provence, également labellisée par l’association Protection des Océans

Le label

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